Fonds Renault pour Fondation 1973-1974

Deux projets parallèles virent le jour à partir de 1973 pour compléter la politique de la Régie en matière de rapports avec les éléments dynamiques de la création artistique contemporaine : celui d’un bureau d’études et d’une Fondation Renault.

Le bureau d’études devait servir de lien entre les promoteurs au sens le plus large, et les artistes. Sa fonction essentielle aurait été l’incitation à la création de projets d’œuvres ayant vocation de prendre place dans les espaces collectifs de toute nature (halls d’immeubles, places publiques…). Cette incitation pouvait s’effectuer à la fois à partir de besoins concrets et déjà définis, ou, au contraire, à partir de possibilités créatrices encore inexploitées dans ce domaine par certains artistes, sans destination arrêtée au départ.

Le bureau d’études aurait été une réserve de projets destinés à l’Etat, aux villes nouvelles, aux entreprises. Ce projet n’a malheureusement pas eu de suite.

Les œuvres dites de « Fondation » se caractérisent par leur importance exceptionnelle dans le parcours de l’artiste. Elles ont été acquises avec l’engagement de la Régie de ne jamais les revendre, de ne pas séparer les ensembles indissociables et de ne les utiliser que dans le cadre d’activités culturelles et non commerciales. Ces œuvres pouvaient être prêtées à long terme à des musées ou organismes culturels ou être installées dans des locaux de l’entreprise. Ces achats ont été opérés en 1974 et début 1975. Nous aurions pu les poursuivre, si un évènement majeur n’était intervenu à ce moment là : le report de l’exécution du monument de Jean Dubuffet. 

L’arrêt de la Fondation a soulevé le problème du statut de ces œuvres. A défaut de projet définitif, il a fallu envisager un budget pour l’entretien, le stockage et la mise en valeur de ces ensembles à travers des expositions.

Liste des artistes dont une ou plusieurs œuvres ont été acquises par le Fonds  :

Arman: grâce à ce fonds nous avons pu acheter des Accumulations Renault que nous n’avions pu acquérir au moment de leur création faute de crédit.

Jean Dubuffet nous a permis de constituer un premier ensemble, sans équivalent, en nous cédant le Mur bleu, une œuvre majeure réalisée en 1967, quatre découpes matricielles de Coucou Bazar, ainsi que Parade Nuptiale et des sculptures provenant de sa collection personnelle. De plus, lors de l’exposition Jean Dubuffet au Centre National d’Art Contemporain de la rue Berryer, nous avons pu choisir sept Paysages Tricolores et Sites Castillans.

Antoni Tàpies : il n’avait pas pu faire partie du programme des intégrations mais sa présence nous paraissait indispensable. Nous avons donc eu l’opportunité d’acquérir cinq pièces pour le Fonds.

Jean Tinguely : nous avons eu la chance d’acquérir l’une des pièces monumentales de 1967 qui n’appartenaient pas encore à un Musée: le relief Requiem pour une feuille morte complété par les trois sculptures qui lui sont liées Eos VIII, XII et Bascule V .

Niki de Saint Phalle : Dans le même esprit, fut acheté La Mariée de 1963, un relief particulièrement significatif de Niki de Saint-Phalle,

Victor Vasarely : nous avons pu choisir parmi un groupe d’oeuvres que Vasarely avait réservé pour ses Fondations, une série témoignant de ses principales recherches au cours de plusieurs périodes : Gordium, Siris-tek, Tonk, Tlinko, CTA 102 …

Julio Le Parc, Jesús Rafael Soto : afin de compléter les intégrations à l’architecture, nous avons acquis des ensembles représentatifs de Le Parc et Soto pouvant faire l’objet d’expositions à la Régie et dans différents musées.